PREFACE De M. Levallois
Quand M. CHAPUS m'a fait l'honneur de me demander de préfacer cet ouvrage, je pense qu'il a voulu d'abord rendre hommage à tous les Administrateurs-Maires qui m'ont précédé à Antsirabe, et qui, tous, ont plus ou moins contribué à la moderniser ou à l'embellir.
le m'associe très volontiers à cet hommage.
je n'ai administré
Antsirabe que quinze mois. Mais, ici non plus, le temps
ne fait rien à
l'affaire et ces quinze mois ont suffi à m'attacher à
la cité
du
Vakinankaratra. A telles enseignes qu'on me soupçonne d'avoir quelque in
curable faiblesse pour ce District. Dans une
discussion récente où je défendais,
avec peut-être
un peu trop de chaleur, les intérêts d'Antsirabe, quelqu'un m'a
rappelé,
non sans impatience : « qu'
après
tout ce n'était
pas /e .....
met
tons le centre de Madagascar ». Sans doute, mais
c'est sans contredit l'un
des plus jolis traits de son visage. Et ceci seul suffirait pour
que l'Administration le protège contre tout ce qui pourrait l'altérer, le défigurer. Mais
il y a plus : Antsirabe offre des
ressources thermales et des possibilités tou
ristiques de premier ordre qu'il
importe de mettre en valeur dans l'intérêt
de
Madagascar tout entier. S'il est
souverainement injuste de méconnaître ce qui
a été fait, il serait imprudent de ne pas voir ce qui
reste à
faire.
Une station thermale comme celle que nous rêvons de faire d'Antsirabe exige certaines conditions de viabilité — sur lesquelles, il ne sied pas de s'attarder ici — mais dont il faut bien reconnaître qu'elles ne sont pas toutes remplies. La guerre et ses interminables séquelles économiques ont seules empêché la Commune et l'Administration de poursuivre l'œuvre d'urbanisme si activement poussée après 1918. Mais cette œuvre sera reprise, et elle l'est déjà.
Une subvention importante a été accordée sur le Budget du Plan 1948-49 pour financer la nouvelle adduction d'eau de la Ville.
D'autre part, un crédit important a été prévu au même budget du Plan pour l'étude d'un réseau d'égouts.
Enfin, la Commune et la Direction de l'Urbanisme élaborent présentement un plan «d'extension et d'aménagement» de la Ville d'Antsirabe. Une ordonnance du Gouvernement Provisoire de la République, datée du 28 juin 1945 a posé, en effet, les règles générales de l'urbanisme dans les territoires d'Outre-Mer. Ce texte, de caractère législatif, a été complété par deux règlements — le décret du 18 juin 1946 et l'arrêté ministériel du 8 Août 1946, qui fixent ses modalités d'application. L'arrêté du 8 Août 1946 énumère toutes les « régions, agglomérations et sites » qui devront être pourvues d'un projet d'aménagement dit d'intérêt général, avant le 31 Décembre 1948. Sur les sept localités de Madagascar, portées sur la liste, Antsirabe vient immédiatement, en second, c'est-à-dire, aussitôt après Tananarive. C'est à l'établissement de ce plan que la Direction de l'Architecture et de l'Urbanisme travaille présentement.